Charles-Pierre-François Augereau

15 01 2007
Augereau

Duc de Castiglione (Paris, 21 octobre 1757 – La Houssaye-en-Brie, 12 juin 1816) : Sa taille, ses manières, ses paroles, lui donnaient l’air d’un bravache; ce qu’il était loin d’être quand une fois il se trouva gorgé d’honneurs et de richesses, lesquelles d’ailleurs il s’adjugeait de toutes mains et de toutes les manières. C’est ainsi que le prisonnier de Sainte-Hélène juge le maréchal qui a maté la poussée royaliste du 18-Fructidor, réprouvé le projet du 18-Brumaire, exposé sa vie sur les champs de batailles de l’Empereur, dénoncé Napoléon comme un tyran en 1814.

Jeunesse


Né à Paris, issu d’une famille modeste, son père était domestique et sa mère marchande de fruits, et sans éducation il s’engagea à l’age de dix-sept ans dans les armées du Roi où il se fit remarquer comme duelliste. Ayant tiré l’épée contre un officier qui l’avait insulté, il fuit la France et voyagea en Grèce. Cas unique parmi les maréchaux de Napoléon, Augereau servit dans l’armée prussienne où il combattit contre l’Empire ottoman et l’Autriche. Devenu sergent, il déserta, entrainant avec lui son peloton, et réussit à rejoindre les frontières de la Saxe. Pendant les années 1788 - 1791, on le retrouve au service de l’armée de Naples - où il s’établit maître d’escrime - puis au Portugal; mais les évènements de la Révolution française le font rentrer en France.

Soldat de la Révolution


Farouche jacobin, il s’engage dans la Garde nationale et devient sergent. Nommé capitaine puis lieutenant-colonel, il participa à la répression de la révolte des Chouans en Bretagne puis rejoint l’Armée des Pyrénées où il est rapidement promu général de division le 23 décembre 1793. Sa division se distinga encore plus lorsqu’elle fut transférée à l’Armée d’Italie en 1795.

Campagne d’Italie


Augereau

En avril 1796, il prend le château de Ceva, son premier exploit sous le commandement du général Bonaparte. Sa bravoure s’illustre à Lodi le 10 mai 1796, lorsqu’il s’élance malgré la pluie de mitraille autrichienne. Le 3 août 1796, son intervention lors de la bataille de Castiglione renverse le sort de la bataille. A Arcole, le 15 novembre, il s’élance sur le pont à la tête de ses troupes. Bonaparte lui accorde son estime et sa confiance, malgré les rumeurs sur sa rapacité. Il le délègue à Paris pour mater la poussée royaliste, en septembre. C’est le coup d’Etat du 18-Fructidor (4 septembre 1797). Augereau se révèle terriblement efficace, exécutant à la lettre tous les ordres du Directoire ; il est alors nommé commandant de l’armée de Sambre-et-Meuse, puis de l’armée du Rhin.
Augereau, député de Haute-Garonne au conseil des Cinq-Cents, est de prime abord opposé au coup d’Etat du 18-Brumaire. Il est proche des Jacobins. Il refuse l’invitation au banquet donné en l’honneur de Bonaparte. Il se rallie néanmoins au Consulat le matin même du 18-Brumaire, embrassant Bonaparte et s’exclamant : «Comment! Tu as voulu faire quelque chose pour la patrie et tu n’as pas appelé Augereau !». Bonaparte lui confie le commandement de l’armée française en Batavie et le fait maréchal d’Empire, le 19 mai 1804.
La maréchale Augereau, Gabriel Grach, est une créature douce et gaie mais toujours malade. Son robuste époux veillait sur elle avec tendresse et dut très affecté par sa disparition en 1806. Cependant, celui-ci se remaria en 1809 avec une jeune fille issue de la noblesse : Mlle Bourlon de Chavanges (jeune fille dont il aurait pu être le père).

Guerres Napoléoniennes


Malgré ses critiques du Concordat, il figure sur la liste des maréchaux de 1804 et assiste au sacre de l’Empereur. De septembre 1805 à février 1807, il reçoit le commandement du VIIème corps de la Grande Armée. A la bataille de Iéna, le 14 octobre 1806, il bat les Saxons et écrase le corps de Rüchel venu au secours de l’armée prussienne.
A Eylau (8 février 1807), perclus de rhumatismes, grelottant de fièvre, il se fait attacher sur son cheval et court se mettre à la tête de son corps d’armée. . Alors qu’il doit attaquer le centre russe, son corps d’armée se perd dans une tempête de neige. Les soldats français sont décimés par les canons ennemis. Blessé au bras, Augereau rentre en France. Le 19 mars 1808, il reçoit le titre de duc de Castiglione.Il sert ensuite en Espagne où il fait preuve de cruauté. Ses premières victoires à la tête de l’Armée de Catalogne sont bientôt suivies de défaites. L’Empereur renvoie Augereau dans ses terres mais le rappelle pour la campagne de Russie de 1812 où il lui confie un corps de réserve. Le maréchal est présent lors de la défaite française à Leipzig, du 16 au 19 octobre 1813. Sa défense acharnée lui regagne la faveur de Napoléon.
En 1814, l’Empereur lui confie le corps d’armée posté à Lyon. Augereau, qui a ordre de couper les lignes de communications de l’armée de Bohème, transige et refuse le combat. Il est maintenant un notable. L’intrépide soldat a près de soixante ans et ne rêve plus que de jouir en paix de l’immense fortune qu’il a accumulée par ses rapines et souhaite mourir dans son lit plutôt qu’un coup de fusil. Le 16 avril 1814, il lance une proclamation où il enjoint à ses soldats d’adopter la cocarde blanche des Bourbons et dénonce Napoléon comme un tyran. L’Empereur biffe son nom de la liste des maréchaux lors des Cent-Jours et le qualifie de «traître à la France», quand Augereau vient lui proposer ses services.
Louis XVIII revenu sur le trône l’écarte également. Augereau se retire dans ses propriétés, où il meurt peu après d’une maladie de poitrine, sans laisser d’enfants.

Relation avec Napoléon


L’Empereur assure qu’Augereau ne comprenait jamais rien aux instructions qu’il recevait du quartier général. L’Empereur se rendait auprès de lui, s’apercevait effectivement qu’il n’avait rien compris, lui mettait la carte sous les yeux et expliquait les mouvements. Et Augereau, entendant de ses oreilles, voyant de ses yeux, finissait par s’écrier : ” Ah ! Ah ! je les tiens maintenant mes bougres. “Napoléon dira de lui à Sainte-Hélène : «Il était incapable de se conduire ; il n’avait point d’instruction, peu d’étendue dans l’esprit, peu d’éducation ; mais il maintenait l’ordre et la discipline parmi ses soldats, et en était aimé. Il divisait bien ses colonnes, plaçait bien ses réserves, se battait avec intrépidité ; mais tout cela ne durait qu’un jour : vainqueur ou vaincu, il était le plus souvent découragé le soir, soit que cela tint à la nature de son caractère, ou au peu de calcul et de pénétration de son esprit».


Actions

Informations

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises html : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <code> <em> <i> <strike> <strong>